CFE taxi :
êtes-vous exonéré et combien devez-vous payer ?
Vous êtes chauffeur de taxi et vous ne savez pas si vous êtes concerné par la CFE, comment elle est calculée, ou si vous pouvez en être exonéré ?
Ce guide expert vous donne les règles exactes issues du code général des impôts : exonération artisanale, cotisation minimum, tranches 2026, calendrier déclaratif et pièges à éviter.
Impôt local
La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) est due par tout professionnel non salarié. Mais les taxis artisanaux bénéficient d'une exonération spécifique sous conditions.
Échéances clés
Sans local professionnel, la CFE est calculée sur une base minimum fixée par tranche de chiffre d'affaires. En 2026, elle va de 250 € à 7 769 € selon les revenus.
Récupération
Déclaration 1447-C en début d'activité, paiement au 15 décembre, acompte au 15 juin si la CFE dépasse 3 000 €. Des dates à ne pas manquer.
Qu'est-ce que la CFE et pourquoi un taxi est-il concerné ?
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est un impôt local dû par toute personne physique ou morale exerçant une activité professionnelle non salariée, à titre habituel, en France. Elle remplace l'ancienne taxe professionnelle, supprimée en 2010, et constitue l'une des deux composantes de la Contribution Économique Territoriale (CET) l'autre étant la CVAE. Un chauffeur de taxi indépendant est donc, en principe, redevable de la CFE. Il exerce une activité non salariée, à titre habituel, sur le territoire français. Même s'il n'a pas de local commercial, ce qui est le cas de la grande majorité des taxis qui travaillent depuis leur domicile, la CFE reste due. La base de calcul est alors une cotisation minimum fixée par la commune, selon une grille nationale fondée sur le chiffre d'affaires. Mais le code général des impôts prévoit des exonérations spécifiques qui changent complètement la donne pour de nombreux taxis. Avant de chercher à calculer combien vous devez, il faut d'abord déterminer si vous devez payer.

Les taxis sont-ils exonérés de CFE ?
Oui, sous conditions. L'article 1452 du Code Général des Impôts prévoit une exonération permanente de CFE pour les taxis artisanaux. Cette exonération s'applique lorsque les conditions suivantes sont réunies simultanément : Le taxi exploite au maximum deux véhicules en propre. Il n'emploie pas de salarié (hors apprenti, qui ne remet pas en cause l'exonération). Il exerce l'activité à titre personnel et direct il conduit lui-même. Si ces trois conditions sont remplies, le taxi est exonéré de CFE à titre permanent. Il n'a pas à payer cet impôt local, quelle que soit la commune d'exercice et quel que soit son chiffre d'affaires. En revanche, dès qu'une de ces conditions cesse d'être remplie embauche d'un chauffeur salarié, acquisition d'un troisième véhicule, ou mise à disposition à un tiers, l'exonération tombe. La CFE devient due à partir de l'exercice suivant, et une déclaration modificative doit être transmise à l'administration.
Comment est calculée la CFE quand un taxi ne bénéficie pas de l'exonération ?
Pour un taxi qui ne remplit pas les conditions de l’exonération artisanale — ou qui décide de se développer en embauchant ou en exploitant plusieurs véhicules, la CFE est calculée sur la valeur locative des biens immobiliers professionnels utilisés. Pour un taxi sans local commercial, qui travaille depuis son domicile, c’est la cotisation minimum qui s’applique.
L’œil de l’expert
Le piège classique : beaucoup de taxis pensent qu'en travaillant depuis leur domicile, ils ne sont pas concernés par la CFE. C'est faux. L'absence de local professionnel ne supprime pas la CFE — elle change simplement la base de calcul. Et si l'exonération artisanale ne s'applique pas, la cotisation minimum est due, calculée en fonction du chiffre d'affaires de l'avant-dernière année.

La cotisation minimum : tranches 2026
La cotisation minimum de CFE est fixée par la commune ou l’EPCI, dans une fourchette définie au niveau national. Son montant dépend du chiffre d’affaires réalisé en année N-2. Jusqu’à 10 000 € : entre 250 € et 597 € De 10 001 € à 32 600 € : entre 250 € et 1 194 € De 32 601 € à 100 000 € : entre 250 € et 2 509 € De 100 001 € à 250 000 € : entre 250 € et 4 183 € De 250 001 € à 500 000 € : entre 250 € et 5 974 € Au-delà de 500 000 € : entre 250 € et 7 769 € À noter : le montant exact dépend du taux voté par votre commune. Deux taxis avec le même chiffre d’affaires peuvent donc payer des montants différents. La tranche la plus fréquente pour un taxi (entre 32 601 € et 100 000 € de recettes) a un plafond de 2 509 €.
Exonération la première année et réduction la deuxième
Quel que soit le régime applicable, toute création d'activité bénéficie d'une exonération totale de CFE pour la première année civile d'exercice. C'est une règle générale, sans condition. La deuxième année, la base d'imposition est réduite de 50 %. À partir de la troisième année, le montant plein s'applique. Pour un taxi artisanal exonéré en permanence, cette question ne se pose plus ensuite. Pour un taxi non exonéré, la montée en charge est progressive — ce qui laisse le temps de provisionner.
La déclaration initiale 1447-C : une étape clé à ne pas rater
Lors de la création de l'activité, le taxi doit déposer le formulaire 1447-C-SD avant le 31 décembre de l'année de création. Cette déclaration est indispensable : c'est elle qui permet à l'administration de connaître la situation du taxi, d'appliquer correctement l'exonération artisanale si elle est applicable, et de fixer la base de cotisation pour les années suivantes. Une déclaration mal remplie ou non déposée peut entraîner une taxation incorrecte, difficile à corriger a posteriori. En cas de changement de situation (embauche, second véhicule, changement de commune), une déclaration modificative 1447-M doit être déposée avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai de l'année concernée.
Pourquoi se faire accompagner par un comptable spécialisé taxi ?
La CFE est l’un de ces impôts qui paraissent anodins mais qui concentrent des enjeux réels : exonération à valider, déclaration initiale à bien remplir, changements de situation à anticiper, cotisation minimum à intégrer dans le prévisionnel. Passer à côté d’une exonération, c’est payer plusieurs centaines, voire milliers d’euros de plus chaque année sans en avoir conscience.
- Vous vérifiez si vous remplissez les conditions de l'exonération artisanale de l'article 1452 CGI.
- Vous déposez correctement la déclaration 1447-C à la création pour sécuriser votre situation dès le départ.
- Vous anticipez l'impact CFE d'une embauche ou d'un passage à deux véhicules avant de le décider.
- Vous intégrez la CFE dans votre prévisionnel de trésorerie pour ne pas être surpris en décembre.
- Vous gérez correctement le prélèvement mensuel ou le paiement unique selon votre situation.
Chez un cabinet 100 % spécialisé taxi, la valeur n’est pas seulement dans la tenue comptable. Elle est dans la compréhension métier, l’anticipation fiscale et la capacité à vous faire gagner du temps tout en fiabilisant vos chiffres.
Conclusion
La CFE taxi suit des règles précises issues du code général des impôts. Pour la majorité des taxis artisanaux exploitant seuls un ou deux véhicules sans salarié, l'exonération permanente s'applique à condition qu'elle soit bien déclarée et maintenue. Pour les autres, la cotisation minimum est due selon une grille nationale, avec un paiement annuel au 15 décembre. Vous voulez confirmer votre situation, vérifier que vos déclarations sont en règle et savoir exactement ce que vous devez ? Demandez un devis à un comptable spécialisé taxi.
FAQ CFE taxi
Un taxi est-il automatiquement exonéré de CFE ?
Pas automatiquement. L’exonération prévue par l’article 1452 du CGI s’applique aux taxis artisanaux qui exploitent au maximum deux véhicules en propre et sans salarié (hors apprenti). Si le taxi emploie un chauffeur salarié ou exploite plus de deux véhicules, l’exonération ne s’applique plus et la CFE est due normalement.
Comment est calculée la CFE d'un taxi qui ne bénéficie pas de l'exonération ?
La base de calcul repose sur la valeur locative des biens immobiliers professionnels utilisés au 1er janvier. Un taxi qui n’a pas de local professionnel (travail depuis son domicile) est soumis à la cotisation minimum, déterminée en fonction du chiffre d’affaires de l’année N-2. Les montants 2026 s’échelonnent entre 250 € et 7 769 € selon la tranche.
Un taxi est-il exonéré de CFE la première année d'activité ?
Oui, toujours. Quelle que soit la situation, l’année de création d’activité est totalement exonérée de CFE. L’année suivante, la base d’imposition est réduite de moitié. À partir de la troisième année, le montant plein s’applique (sauf exonération artisanale permanente).
Quelle est la date limite de paiement de la CFE ?
La CFE est payable au plus tard le 15 décembre de chaque année. Pour les montants supérieurs à 3 000 €, un acompte de 50 % est exigible au 15 juin. Le paiement s’effectue en ligne via l’espace professionnel sur impots.gouv.fr. Le prélèvement automatique mensuel est également possible — il permet de lisser la charge sur l’année.
Que se passe-t-il si un taxi embauche un salarié ?
L’embauche d’un salarié (hors apprenti) fait perdre le bénéfice de l’exonération artisanale. La CFE devient due dès l’année suivant celle de l’embauche, sur la base de la cotisation minimum calculée en fonction du CA. C’est un changement à anticiper dans le prévisionnel — et à déclarer correctement via une mise à jour de la déclaration 1447-M.